Le Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie a mis sur le marché l’appel d’offres AO 01-2026 portant sur une centrale photovoltaïque de 300 MW à Bazma, dans le gouvernorat de Kébili, couplée à un système de stockage par batteries de 150 MW / 540 MWh. Le site couvre environ 440 hectares. La remise des offres est fixée au 14 octobre 2026 à midi.
Deux éléments distinguent cet appel d’offres des rounds de concession qui l’ont précédé.
Première centrale tunisienne associant production et stockage
Les rounds précédents — Tozeur, Sidi Bouzid, Menzel Habib — portaient sur la seule production photovoltaïque. Bazma est le premier à intégrer un système de batteries dans le même contrat, avec un rapport de 150 MW de puissance pour 540 MWh d’énergie, soit 3,6 heures à puissance nominale.
La proposition technique en est modifiée. Le soumissionnaire n’optimise plus une centrale PV au regard d’une courbe de productible, mais un actif hybride au regard d’un profil d’appel de puissance, où la dégradation, le rendement cycle complet, la stratégie d’augmentation de capacité et les garanties sur les batteries pèsent directement sur le modèle financier. La conformité au code de réseau devient une question de conception à part entière.
Une structuration en concession
La centrale est attribuée sous convention de concession et non sous le régime des autorisations qui encadre les projets privés de plus petite taille. Elle se place ainsi, par sa structure, aux côtés des rounds IPP internationaux, avec les exigences de diligence qui les accompagnent : conseil technique des prêteurs, vérification indépendante de l’évaluation du productible et certification en phase construction conditionnant les tirages.
Ce que cela signale
Cet appel d’offres fait suite à une procédure solaire de 500 MW lancée fin 2024 et à l’approbation, en décembre 2025, de plans d’acquisition portant sur environ 2 GW d’éolien et 350 MW de photovoltaïque. Lus ensemble, ces éléments dessinent un pipeline qui s’élargit en volume comme en complexité technique, et confirment le passage du stockage du statut de pilote à celui d’achat courant.
Pour les développeurs et contractants EPC internationaux qui envisagent de soumissionner, les exigences locales constituent la part la plus difficile à chiffrer depuis l’étranger : justification du taux d’intégration industrielle, processus de raccordement STEG et son propre calendrier documentaire, foncier et permis, traitement douanier des équipements importés.
AIUS intervient comme partenaire local des développeurs, contractants EPC et bureaux d’ingénierie internationaux soumissionnant en Tunisie, et comme ingénieur indépendant auprès des prêteurs finançant des projets solaires. Si vous préparez une offre pour Bazma ou un projet comparable, nous sommes disponibles pour échanger sur le périmètre local.



